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Une flopée de journalistes et développeurs pour aider les migrants

Posted:
09 November 2015

Author:
Abdalah Soidri & Benoît Durand

Une flopée de journalistes et développeurs pour aider les migrants

Des journalistes, développeurs, designers du monde entier sont réunis à Rome entre le 2 et le 13 novembre pour le 19 Million Project. Cet évènement a pour but de mettre à profit les talents de tous ces corps de métiers afin de réfléchir à des solutions pour la crise des migrants. Ils se sont regroupés en plusieurs groupes de travail, et chacun présentera son projet à la fin de l’événement, le vendredi 13 novembre (Mise à jour: résultats complets disponibles ici).

Anglais, italien, français, portugais, espagnol, le 19 Million Project est une Tour de Babel où toutes les langues se côtoient. En ce dimanche 8 novembre, dans la grande salle de Luiss EnLabs, un incubateur de start-ups situé au deuxième étage de la gare Termini, c’est l’effervescence. Des journalistes, développeurs et designers venus des quatre coins du globe sont sur le point de présenter leurs projets. Fruit d’une réflexion menée depuis le début du séminaire il y a six jours, les grandes lignes sont exposées. La finalisation se fera quant à elle lors de la deuxième semaine, avec en point d’orgue une cérémonie pour récompenser le meilleur projet devant un jury composé d’organisateurs, le vendredi 13 novembre.

Éparpillés dans ce grand espace, les groupes de travail s’affairent à régler les derniers détails de leurs présentations. Mariana Santos, fondatrice de Chicas Poderosas, “director of interactive and animation” à Fusion et en charge de l’organisation de l’événement, fait office de « maîtresse de cérémonie. » Elle présente les équipes et assure les transitions entre chacune. Tour à tour ils viennent exposer sur scène leur projet pendant que le reste de l’assistance, installé tels des étudiants sur des chaises disposant de tablettes écritoires, écoute assidûment les idées de chaque groupe. L’ambiance est studieuse mais décontractée. Quelques blagues fusent pour détendre l’atmosphère après un discours pesant. Chaque exposé terminé, les applaudissements de l’audience résonnent dans cette salle un peu trop grande. Vient ensuite le moment des questions-réponses : faisabilité des projets, mise en place, félicitations, critiques.

Quand le journalisme laisse place à l’activisme

Chacun des projets doit répondre à une question commençant par « How Might We (Comment pouvons-nous) », raccourci en #HMW dans les présentations. À l’aide de vidéos, de présentations « Power Point » et d’un discours préparé en amont, les équipes en lice – car il s’agit d’un concours – exposent comment, grâce à leurs idées, ils pourront « stimuler de manière innovante la prise de conscience sur la crise migratoire en Méditerranée », comme cela est expliqué sur le site 19 Million Project.

Les réponses, et par conséquent les projets, sont aussi variés que les différentes nationalités présentes à la conférence. Il s’agit aussi bien d’actions sur le terrain que de journées spéciales en passant par la création d’applications. Pêle-mêle cela donne des idées comme le « Marry-a-thon », le remplacement dans les médias du mot « refugees » et ses dérivés par « innovators », ou la création d’un « play-truck » à destination des enfants.

Bien qu’une grande partie des personnes présentes ce jour soient des journalistes, ce qui frappe dans la teneur des projets c’est leur dimension activiste. Réunis autour d’une même cause, la crise des migrants, il semble qu’il n’y avait pas d’autres alternatives quant à l’orientation des travaux. C’est en substance ce que confiera plus tard un journaliste sud-africain, impliqué dans le projet de création d’une plate-forme appelé « Being Here », destiné aux migrants arrivant dans un pays: « le simple fait d’être au 19 Million Project est déjà un signe d’activisme ».

En attendant les présentations devant le jury et les délibérations de celui-ci en fin de semaine, l’agitation du début d’après-midi a laissé place au calme le soir venu. La grande salle s’est vidé mais les discussions continuent dans le hall d’entrée. En anglais, espagnol, italien et même en français, la Tour de Babel 19 Million Project continue le débat.